- Herald Tribune International 16/11/2007
Portrait des vignerons de France dissidents par Jacqueline Friedrich
"C’est le Chablis auquel vous pensez lorsque vous goûtez le Bourgogne Vézelay 2006 de Maria Cuny. C’est un Chardonnay mais si particulier que l’on oublie le fruit pour se concentrer uniquement sur le terroir. Il s’agit d’un vin racé, qui a du piquant, à la fraîcheur éthérée, dégageant un parfum de thé herbacé et minéral. Travaillant en tant que bergère pour la Société Roquefort, Maria fut confiée en apprentissage à un berger du nom d’Yves Cuny. Ils se marièrent et six enfants plus tard, le couple décida de retourner dans le pays de leur enfance près de Vézelay. En 2000, ils firent l’acquisition d’un petit vignoble sis à l’ombre de la basilique de la cité classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Décimé par le Phylloxera le vignoble accroché aux pentes de Vézelay fut abandonné pendant près d’un siècle, jusqu’à ce quelques locaux le replante. Cette année marque le 10ème anniversaire de l’appellation AOC Bourgogne Vézelay, des vins blancs à base de Chardonnay. Les vins de Maria Cuny prouvent que le vin de Vézelay doit être reconnu parmi les crus de Bourgogne. »
Jacqueline Friedrich auteur de « Vins de France : le guide essentiel des acheteurs avisés ».
- Marianne Mars 2005
« La Pasionaria de Vézelay »
« … Née dans la terre, pétrie de sensorialité, fascinée par les mystères du ferment, Maria Cuny est au nombre des apôtres du vin de Vézelay. Depuis l’an 2000, avec Yves, son époux, elle cultive 3 parcelles. Avant de prendre racine en Bourgogne, cette femme, mère de 6 enfants, fut bergère à Roquefort. Des pâturages du Causse aux vallons du Morvan, … C’est qu’il faut une âme de pasteur renforcée par un tempérament de moine-soldat pour relever les défis que lui lance chaque jour son destin de vigneronne indépendante. Aux jalousies et aux méfiances du début succèdent à présent les entraves d’un environnement souvent hostile mais Maria n’en a cure, du nom de ce cours d’eau qui dessine la vallée. Tantôt la hotte sur l’épaule, tantôt le sécateur aux doigts, cette passionaria du terroir enfonce ses pieds dans le sol avec la fougue de ses origines hispaniques. Chaque pied de vigne est un être imprégné d’air et de lumière dont le fruit doit dire où il a vu le jour. Autant de symbole et d’émotion que l’on retrouve dans le Bourgogne Blanc d’appellation Vézelay vinifié à Nanchèvres par le couple Cuny… »
|  L'été à Véselay François Brochet www.ete-a-vezelay.com |
- Yonne Républicaine Février 01
"Maria Cuny, mère et viticultrice… Assise devant une tasse de café, Maria Cuny contemple la vue qui s’offre à elle par la fenêtre de sa cuisine. A l’horizon, la basilique, noyée dans un voile ensoleillé, se détache au sommet de la colline… Ce paysage, son métier de viticultrice, elle les a choisi et son plus fort désir est de les partager… « Mes parents me destinaient à la littérature », raconte cette Normande d’origine. « Mais mes fibres, c’était la terre… » Elle rencontre Yves, son mari, éleveur de brebis dans l’Aveyron… Derrière l’allure un peu réservée de la jeune femme, on découvre une formidable détermination. A 30 ans, elle reprend ses études et passe successivement un brevet d’études professionnelles agricoles, spécialité agriculture élevage, un certificat de spécialisation touristique et un brevet professionnel agricole de viticulture œnologie…La famille Cuny a acheté n ancienne maison de vigneron bâtie en 1810. Maria et son mari y ont installé les chais eux-mêmes… Quand il pleut, que le travail dans la vigne devient pénible, Maria se tourne vers la colline éternelle et y puise son énergie."
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- Vent du Morvan, Septembre 2006 par Elie Rousseau
A Nanchèvres, au pied de Vézelay, Maria Cuny l’atypique
Le hameau a une certaine coquetterie, la terre y est seigneuriale – ne sommes nous pas sur le territoire du « Clos au Duc » ?- le cru de Nanchèvres y est renommé et la viticultrice particulièrement décidée à imprimer sa marque dans le monde de la vigne et du vin en Vézelien.
A moi, Duc, deux mots… C’est ce que semble dire Maria Cuny depuis son arrivée ici, parmi les héritiers d’une lignée vigneronne. Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué d’agiter le microcosme viticole de l’endroit. Exploitante-récoltante indépendante oeuvrant dans la trajectoire du site de la basilique, Maria Cuny n’a rien d’une illuminée comme certains se plaisent à le colporter. Elle a, simplement, une conception bien à elle de la viticulture.
|  Coquelicots François Brochet www.ete-a-vezelay.com |
Libérée des idées traditionnelles, venant elle-même d’autres horizons, elle s’est imposé un parcours atypique. Née normande, terriblement insoumise, elle s’exile en pays landais où elle se métamorphose en bergère, se remet aux études, franchit le Rubicon… et vient s’enraciner avec sa famille dans ce site ancestral du Vézelien…
Je suis une femme et fière de l’être ! Sans aucun doute, merveilleusement supportée par le « clan », les siens – elle y trouve le courage et il en faut lorsque l’on est mère de 6 enfants et le même sourire avenant qui cache si bien l’endurance des chausse-trappes du métier… Maria fait indiscutablement partie de cette minorité de femmes qui mettent leur sensibilité au service de l’œnologie. Chacune venant d’horizons différents, elles jugent les choses de la vigne et du vin différemment.
Maria a cette double facette : philosophique en même temps que fermement économico-touristique. Passionaria de la communication et de la promotion, du dialogue, elle l’est indiscutablement. C’est peut-être ce qui la distingue de ses consoeurs en Dionysos…
« Leçon de vie, image gravée au plus profond de moi… Hommage à ceux qui m’ont apporté leur confiance depuis mon installation. Le calque de ma vie au quotidien me permet de préserver ma dignité qui est fortement mise à l’épreuve et de pouvoir laisser une empreinte de ténacité et de volonté pour ma descendance ainsi que pour mes partenaires.
La crédibilité de l’économie du pays représente un ratio qui proportionne par ses ressources naturelles l’objectivité, l’innovation et le courage des acteurs économiques qui portent leur nation. De surcroît, le parallèle ainsi fait devait être en synergie avec les partenaires financiers, faille reconnue par l’intelligentsia et de grands économistes européens. »
... La viticultrice du Vézelien. Commercialiser son vin qui se décline ici en chardonnay et pinot noir, pour ce chef d’entreprise en jupons, volontaires et résolue, c’est bien évidemment le but convoité. Et atteint dans le sillage de ses six années d’implantation dans le terroir vézelien, face à l’incertain et aux chausse-trappes…
Mais aujourd’hui reconnue par ses pairs, les récompenses se concrétisent. Le 30ème prix du Pionnier du Morvan – pour une entreprise apportant son dynamisme et sa créativité en terre morvandelle – lui est attribué par le C.L.A.M. (Comité d’études et d’aménagement du Morvan) en partenariat avec la Fondation pour l’Art et la Recherche.
Les nouvelles étiquettes témoignent des talents de la bergère reconvertie et les coups de cœur lui valent médailles d’argent – étoile pour son Vézelay blanc 2001 (guide Hachette 2004), une promotion inédite sur le chantier médiéval de Puisaye appelée « Cuvée Guédelon » pour un chardonnay 2003. « J’ai rencontré la directrice du chantier, Maryline Martin, à la personnalité bien trempée elle aussi et la symbiose s’est opérée, si bien qu’elle m’a acheté le stock que j’avais dans ma voiture sans même goûter le vin… »
Egalement, d’un palace en quête de trouvailles : « Nous avons eu le plaisir de procéder à une dégustation à l’aveugle du Bourgogne Vézelay 2002, que nous avons comparé à une Chablis 1er Cru, grâce à sa minéralité, sa couleur, sa vibrance. Un excellent vin proportionné et harmonieux qui retiendra notre attention principalement sur son équilibre. »(La Tour d’Argent, Paris).
Du Vézelay à Samothrace ! Cela s’est opéré par le truchement d’un trophée matérialisé par une statuette représentant la Victoire de Samothrace (dont l’original est au Louvre) décerné chaque année par l’association des femmes chefs d’entreprises. I a été attribué à Maria Cuny dans le cadre de son activité dans le secteur agricole, lors du 14ème congrès national en octobre 2004 à Marseille. Son action répondant à plusieurs critères dont la participation active de l’entreprise au développement de sa région.
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